Section 1.2
Des warrants aux autocalls
Question essentielle
Les produits structurés ont-ils été inventés pour répondre à un besoin de marché — ou pour vendre de la complexité ?
La place suisse n'a pas inventé les produits structurés par accident. Chaque grande vague de développement répond à une condition de marché précise : des taux élevés qui permettent de financer une protection, des marchés haussiers qui rendent les options attractives, des taux bas qui poussent à chercher du rendement. Comprendre cette histoire, c'est comprendre pourquoi une structure particulière domine à un moment donné.
Avant la ligne du temps — votre intuition
Quelle condition économique a permis les premiers produits à capital protégé ?
Quelle condition économique pensez-vous qu'il fallait pour que les premiers produits à capital protégé soient viables ? Réfléchissez aux composants d'un produit (zéro-coupon + option) avant de lire.
Ligne du temps · 40 ans de produits structurés en Suisse
Années 1980
Les warrants et premières structures
Les banques suisses émettent les premiers warrants sur actions. L'idée : séparer un droit sur un actif de la détention de cet actif. La place suisse — avec son réseau de private banking et sa tradition d'ingénierie financière — devient un laboratoire d'expérimentation.
Années 1990
L'explosion des structures à capital protégé
Marché haussier + taux élevés = conditions idéales. Les zéro-coupons permettent de financer une protection du capital tout en exposant l'investisseur à la hausse des marchés. Le premier Barrier Reverse Convertible fait son apparition vers 1995.
Années 2000
Standardisation et SIX
SIX Structured Products (anciennement Scoach) devient la bourse de référence. L'ASPS (Association Suisse des Produits Structurés) est fondée. Les produits se standardisent : codes ISIN, term sheets normalisés, market-making encadré.
Années 2010
L'ère des autocalls
Les autocalls (Phoenix, Athena) s'imposent comme la structure dominante. Raison : dans un régime de taux bas, ils offrent un coupon attractif conditionnel. Le marché suisse compte plusieurs milliers de nouvelles émissions par an.
Aujourd'hui
ESG, crypto, IA
Nouveaux sous-jacents (cryptos, thématiques IA, ESG), nouveaux distributeurs (plateformes digitales, robo-advisors), pression réglementaire (LSFin, MiFID II). La structure reste la même ; les sous-jacents et les modes de distribution évoluent.
À VOUS D'ANTICIPER
Le piège des taux à zéro
En 2015, le taux suisse est négatif. Peut-on encore fabriquer un capital 100 % garanti à 3 ans qui rapporte quelque chose à l'investisseur ? Pourquoi ?
Message clé
Chaque vague de développement des produits structurés répond à une logique économique précise. La structure dominante à un moment donné est celle qui résout le problème du marché à ce moment-là — pas la plus « complexe ».
La Suisse est aujourd'hui l'un des marchés les plus développés au monde pour les produits structurés, notamment grâce à sa tradition de private banking et à l'infrastructure SIX. Les émetteurs principaux sont UBS, Julius Bär, Zürcher Kantonalbank, Vontobel et Leonteq — chacun avec un positionnement et une force de distribution différents.
Question 1 / 3
Pourquoi les produits à capital protégé se sont-ils développés massivement dans les années 1990 en Suisse ?
Question 2 / 3
Quelle est la raison principale de l'essor des autocalls depuis les années 2010 ?
Question 3 / 3
Quel rôle SIX Structured Products joue-t-il sur le marché suisse ?